La lettre d’août 2020

Raciste, moi ?

 

Beaucoup de gens croient qu’il suffit, pour être raciste, de penser que notre espèce est, comme les autres, composée de multiples groupes ayant chacune des caractéristiques héréditaires propres qui sont des races. Si reconnaître dans notre espèce des ensembles d’individus possédant des traits transmissibles par l’hérédité définit la personne raciste, moi aussi je le suis ! Je n’ai aucun doute que les lois gouvernant l’ensemble du monde vivant s’appliquent aussi à l’homme.

C’est ridicule, direz-vous. Pourtant, nous savons tous les deux qu’un chihuahua n’appartient pas à la même race qu’un dogue danois et qu’un mastiff anglais est très différent d’un basset artésien. Ils sont d’une même espèce parce qu’ils peuvent se reproduire. Nous savons aussi que si nous laissons s’accoupler deux chihuahuas pour une reproduction, les membres de la portée seront également de la race des parents. L’accouplement de deux individus de races différentes produira une portée bigarrée alors que l’accouplement de deux espèces peut produire une descendance stérile, comme le mulet issu du cheval et de l’âne.

Certaines différences permettent de hiérarchiser, en fonction d’innombrables critères comme la taille, l’épaisseur des poils ou la vitesse à la course, etc., les populations d’animaux appartenant à la même espèce. Nous choisirons des lévriers pour les inscrire à des compétitions de vitesse et pas des teckels. Les éleveurs qui s’intéressent aux qualités de leurs bêtes dans tel ou tel domaine échappent pourtant à l’opprobre d’être dénoncés comme des racistes.

Pourquoi cela ? L’usage a fini par privilégier la connotation au détriment de la dénotation dans la signification des termes dérivés du mot « race ». Il ne suffit pas de constater des différences de performances chez des sous-groupes d’individus d’une même espèce pour se voir affublé d’une étiquette honteuse. L’observation et la description de races de chiens, de chevaux, de pigeons, d’ours ou de n’importe quel animal ne vous mettra jamais au ban de la société des bien-pensants.

Et en effet le mot « racisme » a fini par dénoter une théorie qui, non seulement hiérarchise les sous-groupes d’individus de notre espèce en fonction de caractéristiques génétiques, mais surtout qui induit la détestation des êtres ayant la malchance d’appartenir à une classe jugée « inférieure ». Ainsi s’est créée la pierre de touche du racisme tel que la plupart des gens le conçoivent aujourd’hui, la haine nourrie à l’encontre des individus issus de populations jugées inférieures et nuisibles.

Dans ce sens, un cynophile s’efforçant d’améliorer les qualités d’une race canine déterminée n’est pas un raciste. Il ne déteste pas les autres ! Oui, mais nous ne sommes pas des chiens ! Les religions tiennent un rôle coupable dans la diffusion de cette contrevérité car nous sommes bien plus proches des canidés que ce que la légende officielle impose aux catécumènes de croire. Nous sommes bel et bien — à plus de 90 % de notre constitution — des chiens !

Or, un conte de fées puéril dont on bourre le crâne de presque tous les enfants sacralise l’Homo sapiens en allant jusqu’à nier que l’humanité puisse être une espèce animale parmi d’autres. Non seulement l’homme ne serait pas un chien mais il ne serait même pas un animal ! La singularité de sa création lui permettrait ainsi d’échapper aux lois de l’évolution qui s’imposent à tous les autres vivants !

Pourtant, pour ceux qui se donnent la peine d’y penser sans préjugés religieux, les points communs entre l’espèce canine et l’espèce humaine sont bien plus nombreux que les différences. Comme nous, les chiens sont des mammifères vivipares. Nous avons tous quatre pattes mêmes si nous ne désignons plus nos jambes et nos bras par ce mot ; nous avons deux yeux placés sous le front, un nez juste en dessous qui, il est vrai, est bien plus volumineux et performant chez nos cousins que chez nous ; une bouche avec des mâchoires, des dents (nous aussi, nous avons des « canines »), une langue dans la partie inférieure de notre tête, qui est elle-même placée entre deux oreilles constituant nos fenêtres sur les sons de ce monde.

Chez les canidés comme chez les humains, la boîte crânienne trône au sommet d’un corps dont la charpente osseuse centrale est une colonne vertébrale se terminant par une queue dont il ne nous est resté qu’un coccyx lorsque nos ancêtres se sont redressés.

Chez les canidés comme chez les humains, les organes de la reproduction ont trouvé leur place entre les cuisses proches des deux orifices d’évacuation des restes liquides et solides de l’alimentation.

Chez les canidés comme chez les humains, le corps est recouvert de poils même si sur nous il est parfois nécessaire d’utiliser une loupe pour les repérer.

Comme nous, les chiens manifestent une palette d’émotions variées. Ils montrent de la joie, de la tristesse, de la jalousie, de la colère. Ils aiment et parfois détestent les êtres vivants dans leur environnement. Ils ont de la mémoire. Ils peuvent devenir agressifs ou avoir peur et se cacher. Il arrive qu’ils témoignent de la reconnaissance. en demandant conseil à un anatomiste, nous nous apercevrions que l’énumération des points d’identité structurelle pourrait se poursuivre pendant des pages.

L’essentiel est peut-être qu’il est totalement absurde de nier, comme Descartes s’y obstine, que nos cousins canidés pensent. Ils trouvent en effet des solutions à des problèmes et c’est précisément la définition de l’intelligence.

Ils rêvent et le philosophe français, prisonnier qu’il était de ses préjugés religieux, au lieu de voir dans le rêve la manifestation d’une pensée, y voit une preuve que les songes produits pendant le sommeil ne sont pas des pensées. Il est en effet exclu, selon le grand homme, que les animaux pensent mais il lui est impossible de nier qu’ils rêvent, à cause des symptômes qui se manifestent alors qu’ils dorment. Ergo, le rêve n’est pas une pensée ! Beau paralogisme pour justifier que la pensée reste un attribut exclusif de l’homme puisqu’elle n’est rien de moins que son âme immortelle ! Les animaux — apparemment, tout le monde sait cela sauf moi et quelques rares amis iconoclastes ! — n’ont pas d’âme. Dieu ne les a pas gratifiés du bénéfice de l’immortalité.

En revanche, il n’y a aucun problème théologique à reconnaître que leurs espèces présentent un grand nombre de races différentes. Les techniques de la sélection artificielle permettent même aux éleveurs d’en créer de nouvelles.

À cause du mythe puéril d’un univers sorti du néant par un Grand Manitou aux petits soins pour l’homme, ce dernier échapperait, de par son statut de créature favorite, aux lois naturelles gouvernant l’ensemble du monde vivant. Contrairement à ses cousins animaux le babouin humain, équipé d’une âme pensante et immortelle, ne se serait pas réparti en fonction des défis d’un environnement variable en sous-groupe génétiquement différents. Tous dotés d’une âme et donc, tous égaux !

Mais, objecte le malicieux iconoclaste anticartésien, l’âme est la pensée. Ces bipèdes privilégiés ont-ils donc tous hérité d’une pensée également performante ?

Pour nous qui sommes matérialistes, la pensée est produite par l’activité de neurones et est donc le résultat de processus physico-chimiques engendrés par la matière vivante. Nous devrions apprendre à tous les enfants que les substances immatérielles sont des fantômes de châteaux qui traversent leurs murailles. Hormis dans les fables qui en parlent, elles n’existent pas.

La performance d’une pensée est et sera toujours la performance d’un corps. Pour que nos bras se meuvent, ils ont besoin de muscles. Il serait totalement absurde de prétendre que, le mouvement étant une chose immatérielle, aucun moteur ni aucun objet physique n’est indispensable à sa réalisation.

Une multitude égalitariste le regrette mais les performances, qu’on le veuille ou non, sont les mesures des valeurs. Comme notre système de pouvoir inculque aux enfants depuis des millénaires que nos pensées conscientes reflètent notre âme immortelle, il devient embarrassant d’admettre que cette faculté de penser montre des performances très variables à l’intérieur de l’ensemble des plus de sept milliards d’êtres descendants des premiers Homo sapiens. Comment ? Y aurait-il des âmes de meilleure qualité que d’autres ? L’idiot du village a-t-il moins d’âme qu’un Einstein ?

Les défenseurs des mythes dominants ne pourront jamais l’admettre. Les différences de performances sont leurs ennemis. Or, elles sont présentes dans tous les domaines d’activité. Les possibilités intellectuelles sont loin d’être les seules qui permettent de hiérarchiser les individus comme les groupes auxquels ils appartiennent.

Les activités sportives sont d’ailleurs la plus grande vitrine de différences indubitablement dues à la race ou à l’ethnie.

Voici ce que j’écrivais il y a trois ans à propos de la supériorité des peuples d’Afrique de l’Est dans la discipline du marathon.

 

« Un coup d’œil sur les résultats de ces dernières années[1] ne laisse planer aucun doute.

 

Men

Year Winner Nationality Time (h:m:s)
April 17, 2016 Tesfaye Abera  Ethiopia 2:06:58
April 26, 2015 Lucas Rotich  Kenya 2:07:17
May 4, 2014 Shumi Dechasa  Ethiopia 2:06:43
April 21, 2013 Eliud Kipchoge  Kenya 2:05:30
April 29, 2012 Shami Abdulahi  Ethiopia 2:05:58
May 22, 2011 Gudisa Shentema  Ethiopia 2:11:03
April 25, 2010 Wilfred Kigen  Kenya 2:09:22
April 26, 2009 Solomon Tside  Ethiopia 2:11:47
April 27, 2008 David Mandago  Kenya 2:07:23
April 29, 2007 Rodgers Rop  Kenya 2:07:32
 

Women

 

Year Winner Nationality Time (h:m:s)
April 17, 2016 Meselech Melkamu  Ethiopia 2:21:54
April 26, 2015 Meseret Hailu  Ethiopia 2:25:41
May 4, 2014 Georgina Rono  Kenya 2:26:47
April 21, 2013 Diana Lobačevskė  Lithuania 2:29:17
April 29, 2012 Netsanet Achamo[5]  Ethiopia 2:24:12
May 22, 2011 Fatuma Sado  Ethiopia 2:28:30
April 25, 2010 Sharon Cherop  Kenya 2:28:38
April 26, 2009 Alessandra Aguilar  Spain 2:29:01
April 27, 2008 Irina Timofeyeva  Russia 2:24:14
April 29, 2007 Ayelech Worku  Ethiopia 2:29:14

» [2]

L’écrasante domination des africaines et des Africains de l’Est n’est pas remise en cause par le fait que trois femmes, une lituanienne, une espagnole et une Russe, ont réussi à se hisser sur la plus haute marche du podium. L’indéniable avantage génétique ne suffit donc pas toujours. Les indécrottables antiracistes haineux proclameront que ces exceptions constituent la preuve que tout le monde, quelles que soient ses origines peut gagner un marathon.

Et pourtant… Seuls les aveugles ignorent que les hommes à peau noire originaires d’Afrique, les Français de papiers, sont meilleurs footballeurs que les Français de souche. Ceux qui en douteraient regarderont les photographies des équipes de France qui ont remporté avec succès une coupe du monde. S’il ne reconnaissait pas les maillots endossés par ces sportifs, le spectateur impartial pourrait croire qu’il s’agit de l’équipe d’un pays africain.

Bien que la couleur de la peau ne détermine pas à elle seule la race, pour les égalitaristes enragés, écrire que les Noirs sont meilleurs que les Blancs dans une discipline sportive, c’est déjà du racisme. Je leur donne raison. Le très beau film « la Controverse de Valladolid » montre l’exhibition acrobatique d’un indigène andin. Pour les uns, défenseurs de l’humanité des Indiens, dont les intérêts sont défendus par le moine humaniste Bartolomé de Las Casas (incarné dans le film par Jean-Pierre Marielle), l’extraordinaire performance d’agilité montre la créativité de cette race. Pour les autres, qui s’expriment par la voix du théologien Sepulveda (Jean-Louis Trintignant au cinéma) elle constitue seulement la preuve qu’ils possèdent les dons de l’équilibre et de voltige qui sont l’apanage des espèces simiesques.

Quant à moi, je suis persuadé que toutes les races de notre espèces ont des qualités résultant en partie de leur environnement ancestral et en partie de leurs particularités génétiques. Si mon point de vue est exact, aucune race ne peut logiquement être dénoncée comme « inférieure ». Ce terme (comme son opposé « supérieur ») n’a pas de sens s’il n’est pas précié « en quoi » un objet est inférieur. C’est ce que j’ai appelé le paralogisme Duracell. La pile Duracell dure cinq fois plus longtemps ! Oui, mais que quoi ? En outre, ceux qui ses sont laissé convaincre de l’infériorité de certaines races donnent tête baissée dans cette autre faute de logique appelée « généralisation abusive ». Même si aucun Pygmée ne gagnera jamais le concours de saut à la perche aux Jeux Olympiques, je suis certain que l’on trouverait facilement un Pygmée qui saute à la perche bien plus haut que je ne le peux. Et que dire du critère de l’intellect ? Ne tentez pas de vous mesurer au Nègre (comme on disait jadis) qui vient à votre rencontre. Si vous êtes raciste, il a toutes les chances d’être plus intelligent que vous.

Je ne trouve donc aucun motif légitime de dépréciation, d’antipathie, d’animosité ou de haine justifé seulement par le fait qu’un individu inconnu appartiendrait à telle ou telle race. Il est totalement irrationnel de détester un être vivant avant de le connaître. En revanche, vous exécrerez naturellement celles et ceux qui s’en prennent à vos biens, à vos pouvoirs, à votre pays. Voilà la raison pour laquelle, n’ayant aucune haine pour les Africains qui se sont installés dans mon pays, je déteste cependant les hommes d’affaire (à la recherche d’une main d’oeuvre taillable et corvéable à merci) et les politiciens humanistes (à la recherche de nouveaux électeurs) leur emboîtant le pas pour remplacer nos populations de souche européenne par les hordes des malheureux fuyant leurs pays d’origine.

En conséquence, je vous propose chère amie et cher ami de la sagesse, d’éviter de dire de moi que je suis un raciste. A défaut de mieux, j’adopterai le néologisme d’ « ethniciste » pour désigner celles et ceux qui, comme moi, se refusent à nier les différences marquantes entre des groupes humains issus de diverses parties du monde.

 

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Hamburg_Marathon

[2] Les Concepts Voyous. Voici les résultat plus récents :

34 2019.04.28 Tadu Abate  Ethiopia 2:08:26 Dibabe Kuma  Ethiopia 2:24:42
33 2018.04.29 Solomon Deksisa  Ethiopia 2:06:34 Shitaye Eshete  Bahrain 2:24:51
32 2017.04.23 Tsegaye Mekonnen  Ethiopia 2:07:26 Jéssica Augusto  Portugal 2:25:30
31 2016.04.17 Tesfaye Abera  Ethiopia 2:06:58 Meselech Melkamu  Ethiopia 2:21:54

Il convient de noter que Shitaye Eshete est éthiopienne de naissance et naturalisée bahreïnie. Seule Jéssica Augusto est européenne.

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