Lettre d’avril 2020

Prisonnier du démocratotalitarisme

 

Le mois de mars a été le temps de la dernière pandémie.

Un lointain pangolin, porteur involontaire d’une maladie que lui avait transmise une chauve-souris non désinfectée, a été cuisiné par un chef coq chinois dont les talents gastronomiques ont eu des répercussions sur toute la planète.

Excellente occasion pour les gens qui tiennent les manettes de nos démocratotalitarismes de montrer qu’ils peuvent prendre des mesures draconiennes lorsqu’il s’agit de sauver les populations stupides et innocentes.

Mon gouvernement a donc fait de moi un con-finé tout juste autorisé à s’acheter de quoi manger dans une grande surface lorsqu’il ne tournait pas en rond entre les murs de sa maison. Assigné à résidence sans avoir rien fait de mal ni même être malade !

Le con-finé est très vite devenu déprimé et s’est procuré une corde qui devrait lui permettre de changer son statut de con-finé en celui de con-fini.

Un minable virus a ainsi rappelé aux êtres humains qu’ils étaient mortels.

Il va sans dire que les membres de l’humanité — au moins les rares qui se servent de leur cerveau pour penser et pas seulement pour résoudre les problèmes les plus courants de la vie quotidienne — le savaient déjà.

Il leur était inutile, par exemple, de comparer la mortalité des accidents de la route à celle provoquée par le minable virus. Selon les chiffres publiés par les Nations Unies, « Les accidents de la route tuent 1,3 million de personnes dans le monde chaque année, et en blessent 40 fois plus[1] ».

Avez-vous déjà entendu un(e) politicien(ne) dire à la population : « abandonnez votre voiture, rendez-vous à votre travail à pied ou par le tram, ne partez en vacances qu’en train… »

« 605.010 cas de coronavirus ont été officiellement déclarés dans le monde depuis le début de la pandémie, parmi lesquels 27.982 décès »[2]. Cette statistique comprend donc les victimes de quatre mois d’épidémie. Soyons pessimistes et imaginons que les décès provoqués par le minable virus ne diminueront pas pendant les huit mois suivants. Nous aurions alors 90.000 morts sur la planète pour l’année. À côté de 1.300 000 tués annuellement sur les routes, il faut reconnaître que le Corona fait piètre figure ! Même surévaluées comme je l’ai expliqué, les performances du virus restent très loin derrière celles des moustiques (porteurs de paludisme de fièvre jaune) et de celle (par meurtre) des hommes eux-mêmes. Les premiers nous débarrassent annuellement de 725 000 babouins humains alors que les seconds en éliminent 475 000[3].

Minable virus : quand on compare à celui de la grippe espagnole qui, pendant l’hiver 1918 1919 aurait tué 30 millions de personnes dans le monde dont 400 000 en France…

Imaginons un instant un gouvernement qui serait composé par des gens aussi vertueux et décérébrés que celles et ceux qui prennent les décisions chez nous.

Devant les chiffres rappelant à la population combien la route tue, ils n’auraient qu’un mot d’ordre : que tous les jours deviennent des dimanches sans voiture. Fermez donc ces routes qui tuent ! Sous peine d’amende, vous devrez vous rendre à votre travail ou à l’école à pied. Les marchandises emprunteront les voies fluviales ou maritimes. Les livraisons des entrepôts vers les centres-villes pourront avoir lieu par des pousse-pousse ou des vélos cargo.

Fermez ! Fermez ! Fermez ! C’est le remède miracle, la médication souveraine. Fermez les cafés, les restaurants, les cantines, les écoles, les théâtres, les lieux d’exposition, les parcs, les gares, les aéroports… Gardez seulement ouverts quelques lieux d’approvisionnement alimentaire et bouclez tout. Lorsque le minable virus se sera retiré comme tous les virus l’ont toujours fait dans toute l’histoire de la planète, les décideurs pourront fanfaronner. Nos mesures ont été efficaces ! Grâce à nous, vous êtes encore en vie.

Je ne défends pas qu’il fallait se croiser les bras et attendre sans rien faire que cela passe. Je sais bien que si votre voisin perd la vie dans un accident de voiture, il n’était pas contagieux comme un virus peut l’être et le Corona particulièrement. Il était donc naturel que des responsables sanitaires conseillent aux gens de ne plus se serrer la main ou se donner des bisous.

Quelques mesures de restriction de la liberté de mouvement sont aussi justifiées pour ceux qui sont atteints. Il eût donc fallu tester tout le monde et ordonner aux seuls malades de rester chez eux. Mais, grands imprévoyants, nos gouvernants ne disposaient pas des équipements suffisants ni de la possibilité de les fabriquer.

La Suède et la Corée du Sud, où les dirigeants sont manifestement moins sots que ceux de Belgique, de France, d’Italie ou d’Espagne, n’a confiné que les personnes qui avaient été testés positifs. Tous les autres peuvent aller au café ou au restaurant sans problème et l’activité a continué.

Au Brésil, le Président Jair Bolsonaro n’hésite pas à prendre des bains de foule sans gants ni masque et à serrer toutes les mains qui se tendent vers lui. Pareille démonstration de la conformité des actes et des convictions n’est probablement pas un acte de courage mais une conséquence de sa foi. Il s’était en effet fait baptiser par la secte des évangéliques. (Regardez la photo où on le voit en prière.)

Ces mêmes débiles mentaux proclament aujourd’hui aux États-Unis que le minable virus est une punition de Dieu pour les péchés des petits salopards que sont les êtres humains.

Si je suis en effet un petit salopard, Dieu, Lui, en est un très grand !

[1] https://news.un.org/fr/story/2018/08/1022462

[2] https://www.lecho.be/dossiers/coronavirus/le-covid-19-a-deja-fait-plus-de-30-000-morts-les-deux-tiers-en-europe/10217548.html

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Mortalit%C3%A9_dans_le_monde

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