Argumenter

Pleureuses

En repérant une différence entre l’espèce humaine et les autres espèces du règne animal, nous sommes enclins à nous imaginer qu’il doit s’agir d’une supériorité. L’aptitude à jouir d’une écoute musicale, par exemple.
Les autres mammifères sont à mon avis assez peu affectés par le désespoir ou le chagrin. Notre capacité à être envahi par la tristesse, notre sensiblerie ne participe pourtant pas à faire de nous des êtres supérieurs. Il faut y voir plutôt une faiblesse de l’espèce.
Ainsi se reproduit aujourd’hui ce que j’avais déjà observé lors du décès de Claude François : des idiotes et des idiots endossent pour Johnny Hallyday le rôle de pleureuses des places publiques. Sur les ondes d’une radio de service public, un manche déclarait même qu’à son estime, celui qui ne pleurait pas n’était pas un vrai Français !
Heureusement pour moi, personne n’a jamais cru que j’étais un vrai Français...

Végétarien

Hitler était végétarien, tout le monde sait ça. Il aimait beaucoup les animaux et détestait les chasseurs. Des films privés nous le montrent, sur une terrasse du nid d’aigle, caressant son berger allemand.
Et voici la question que je me pose : le chien du dictateur recevait-il aussi une nourriture végétarienne ?

Une version audio des Concepts-voyous.

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Les concepts-voyous

Critique de la raison impure

Cent treize arguments

L'extrait du jour : Soixante-huitième argument

Etre heureux malgré l’ignorance

« (...) Nourrissant une conception « météorologique » du bonheur, — comme le ciel bleu, il prend toujours fin mais il revient toujours pourvu qu'on puisse attendre — et me trouvant très heureux au moment où j’écris ces lignes, je me considère comme une preuve vivante qu’il est possible de goûter une certaine satisfaction d’être sans avoir de réponse aux questions métaphysiques.
Heureusement, bien vivre est tout à fait compatible avec l'ignorance complète d'une foule d'informations qui nous échappent absolument. Personne ne connaît le jour et l’heure de sa propre mort et très peu de gens s'en soucient effectivement. Personne ne sait comment vivait son ancêtre de la lignée paternelle directe à l'époque du Christ. Personne ne sait s'il aura encore des descendants en l'an 3000. Personne ne sait s’il y a des êtres pensants sur une exoplanète et, si c’était le cas, s’ils sont semblables aux hommes. Personne ne sait si l’ensemble des galaxies dévoilées par nos radiotélescopes est le seul univers. Toutes ces ignorances et une infinité d’autres ne nous empêchent pas de jouir parfois de la satisfaction d’être. Il faut en remercier une bonne digestion. »

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Nederlandse vertaling : Honderddertien zondagse lessen

La formule de Kevin Alfred Strom

Comment se peut-il que de nos jours, les seuls partisans de la liberté d’exprimer sans réserve ses pensées soient des gens qui appartiennent à la mouvance d’extrême droite ? Il n’y a plus que des Dieudonné, des Soral, Faurisson et autres Reynouard pour oser dire tout haut ce qui peut les faire condamner à de la prison ferme.
Bien que Voltaire ait été, tout comme Martin Luther, un antisémite acharné, la citation célèbre qui lui est communément attribuée (« Pour savoir ce qui nous gouverne réellement, il suffit de se demander qui il est interdit de critiquer » ) est apocryphe. Les admirateurs du mythe de Saint Voltaire terrassant le monstre de l’intolérance en sont encore une fois pour leurs frais. La formule pleine de bon sens a été écrite par Kevin Alfred Strom, un penseur américain suprémaciste blanc, néonazi et négationniste de l’holocauste. Il avait, comme notre gloire littéraire André Gide, quelques inclinations pédophiles et des photographies stockées sur son ordinateur lui ont valu plusieurs mois de prison ferme. Ce qui est pardonné à un Polanski ou à Woody Allen ne peut l’être à un fasciste antisémite. De nos jours, il n’est malheureusement plus possible en France d’écrire ou de dire ce que l’on pense, par exemple de Freud (un de mes amis en a fait la triste expérience) sans risquer d’être accusé de ce crime absolu d’antisémitisme. Touche pas à mon juif !

Propos d'un Iconoclaste

Avant la naissance

« Quantité de gens se font un sang d'encre en se demandant ce qui leur arrivera après la mort. Très peu se demandent ce qui leur arrivait avant la naissance. C'est que les gens sont bien conscients qu'avant la naissance ils n'existaient pas. Personne ne se dit : « étais-je ce spermatozoïde ? », « Étais-je cet ovule ? ».
Où étais-je avant leur fusion ? Il est clair qu'il n'y avait aucun « moi » dès lors que ce moi ne peut être rien d'autre que le fonctionnement conscient du cerveau se construisant peu à peu après la naissance. Il ne se fait aucun doute que le cerveau, une fois désagrégé, ne produira plus son activité. Or, nos adolescents répètent à l'envi ce boniment consternant de naïveté : « On ne peut pas savoir ce qu'il y a après la mort ».
Mais bien sûr que si, on peut le savoir : après ma mort il y aura TOUT. Sauf moi !
».

DISPAUX, G., Propos d'un iconoclaste, 81e semaine, 23.10.2011


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Nederlandse vertaling : Gedachten van een iconoclast

L'absurde est toujours permis

Il est permis de dire et d’écrire que la Terre est plate, peut-être parce que cela est si complètement faux qu’aucun individu de bon sens ne pourrait le croire…
Il est permis de dire et d’écrire que le prophète du christianisme est né d’une femme vierge par une commission spéciale du ciel, peut-être parce que cela est si complètement faux qu’aucun individu de bon sens ne pourrait le croire…
Il est permis de dire et d’écrire que Jésus a ranimé un mort, peut-être parce que cela est si complètement faux qu’aucun individu de bon sens ne pourrait le croire…
Il est permis de dire et d’écrire que Mahomet s’est élevé vers le ciel en enfourchant un cheval ailé sur une place de Jérusalem, peut-être parce que cela est si complètement faux qu’aucun individu de bon sens ne pourrait le croire…
Il est permis de dire et d’écrire que l’existence des individus continue après leur mort, peut-être parce que cela est si complètement faux qu’aucun individu de bon sens ne pourrait le croire…
Il est interdit de dire et d’écrire qu’il n’y a jamais eu de chambres à gaz d’extermination ni à Auschwitz ni à Birkenau peut-être parce que cela n’est pas si faux et que les individus de bon sens pourraient le croire…

Les journalistes qui affirment que ce n’est pas le véritable islam qui inspire les auteurs d’attentats sont semblables à des historiens qui prétendraient que les juges des tribunaux de l’inquisition condamnant au bûcher de pauvres vieilles femmes atteintes de démence sénile n’étaient pas des vrais catholiques !

Les actions terroristes de musulmans ne sont qu'un cas particulier illustrant les ravages produits sur les cerveaux par les religions qui sont autant de maladies mentales pour l'humanité.

Une comédie métaphysique :
Le Procès intenté à Dieu pour crimes contre l'humani

Le procès Le procès 4e

La signification de l'existence humaine :
Lettre à un internaute qui n'est peut-être pas de mes amis

 

 

Saint-Nicolas et Père Noël

Les enfants jusqu’à sept ans croient, en France, en l’existence d’un Père Noël et en Belgique, en l’existence d’un Saint-Nicolas. Ils seront bientôt déniaisés.
Quant à eux, les adultes et les vieillards croiront jusqu’à la mort en l’existence d’un petit Jésus qui garde un œil sur eux depuis le ciel ! Ils ne seront jamais déniaisés.

Une vieille dame proclame que l'Holocauste
est le plus grand mensonge de l'Histoire...

Paulkovich

Je pense qu'elle se trompe.
Le plus grand mensonge de l'Histoire c'est l'invention du Christ !


Celles et ceux qui aiment apprendre en réfléchissant
et réfléchir en apprenant peuvent feuilleter ici

un cours de philo en diapositives

Handicapés

Dans le hall d’entrée du magasin Delhaize, trois personnes déjà mûres quémandaient. Elles étaient affublées de ces vestes de détresse qui sont aujourd’hui imposées aux chauffeurs en panne. Elles se disaient du Lions Club et participaient à une action en faveur des handicapés. J’estime quant à moi que les pouvoirs publics en font déjà trop pour les handicapés.
Handicapés, vos impôts sont réduits (mais pourquoi ?), vous ne payez pas la place de parking (mais pourquoi ?), votre place est réservée en face de votre domicile ou tout près du centre commercial (là, je comprends pourquoi), vous bénéficiez de l’empressement général pour vous aider ou vous céder le passage… Nous vivons de plus en plus dans une société où les handicapés sont rois.
À Varèse, des amis restaurateurs italiens m’avaient confié qu’ils avaient été contraints par les pouvoirs publics locaux d’installer un dispositif de transport sur la rampe des escaliers conduisant aux toilettes. Après deux années, cette ruineuse machinerie n’avait pas servi une seule fois.
Si j’avais été d’humeur à argumenter, j’aurais donc pu dire aux bons samaritains de mon supermarché qu’en matière de dons aux handicapés, j’avais été pendant toute ma vie un champion par le seul fait de payer des impôts confiscatoires à mon gouvernement belge socialo-humanitaire. Les solliciteurs qui se donnaient du mal pour apostropher les gens venus faire leurs courses du samedi matin étaient certainement trop convaincus de faire le bien pour entamer un dialogue. Qui aurait pu pointer du doigt le but inavoué de leurs efforts ? Leur motivation effective n’était certes pas de soulager les misères de leurs contemporains affligés par un handicap. Acquérir l’assurance d’être bons, voilà ce que voulaient, avant toute chose, ces petits-bourgeois. Qu’as-tu fait de ton samedi matin ? J’ai aidé les handicapés !

La psychanalyse : des sectes et des guérisseurs

Sophie Robert a réuni dans un film
des intellectuels « déconvertis »

Le psychologue Van Rillaer, l’historien-philosophe Borch-Jacobsen, le professeur Schneiderman et le psychiatre Ledru

Ils dressent un triste constat.

La grande escroquerie lucrative de Freud, Lacan et consorts

La psychanalyse est dangereuse : un article de Van Rillaer.

Vous pouvez télécharger gratuitement un livre déjà ancien (1984) qui n'est plus disponible en librairie mais qui n'a rien perdu de son actualité.
J'offre cette édition électronique intégrale au format PDF à tous ceux qui s'intéressent à l'argumentation scientifique, politique et morale :

La Logique et le Quotidien

Une analyse dialogique des mécanismes d'argumentation

L'existence peut-elle avoir un sens en dehors des illusions religieuses ?

Conférence donnée à Arlon

le 10 septembre 2016

Un commandement sans signification : « Aimez-vous les uns les autres »

Lorsque je dis à un enfant « Mange ta soupe ! », je lui prescris une action que son cerveau peut concevoir et qu’il peut effectuer. Un commandement a un sens pour quelqu’un qui le comprend et qui peut agir afin de le réaliser.
J’ai rencontré naguère un sympathique personnage lisant un livre sur un banc du parc où je me promène avec mon chien. Nous avions noué une conversation. Voici qu’il m’apostrophe l'autre jour : « Tiens, voilà l’iconoclaste ! » Ma surprise se lit probablement sur mon visage et il me rappelle notre premier entretien. Il s’est rendu sur le site Argumenter.com et me dit : « Tout ne doit pas être rejeté dans les religions. Tenez, par exemple, le mot d’ordre chrétien « Aimez-vous les uns les autres ». Cela ne peut être que bon. »
Or, justement, l’injonction « Aime ! » n’est ni bonne ni mauvaise mais seulement absurde. Aimer n’est pas une action délibérée pouvant être le résultat d’une activité mentale consciente. C’est une réaction.
Je comprendrais celui qui me commanderait de feindre d’aimer mes semblables ou de tenter de persuader les autres que je les aime. Je puis en effet concevoir une série d’actions libres (c’est-à-dire déterminées par le mental) pouvant avoir ces résultats. En revanche, je ne peux me représenter aucune action de ma part qui résulterait en un changement de mon désamour pour quelqu’un en amour.
Il est vrai que ce que je peux apprendre d’elle ou de lui peut changer mon évaluation. Mais cela n’arrive jamais sur ordre. Le commandement d’aimer tous les autres êtres humains n’a pas plus de sens que n’en aurait l’ordre d’aimer le goût de la menthe ou celui d’aimer les serpents.

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